Voir la version en Inuktitut ci-dessous. Traduction par l’Association des Inuits du Kivalliq (KIA).

Imunicipalités puisent dans l’une des eaux les plus fraîches au monde pour approvisionner leurs communautés. Néanmoins, de nombreux habitants suivent les méthodes traditionnelles et vont chercher l’eau dans les rivières et les ruisseaux, comme ils le font depuis des milliers d’années.

Ainsi, lorsque les membres de la communauté de Baker Lake se sont réunis lors d’une audience publique sur le développement minier il y a quelques années, ils avaient deux questions : L’eau est-elle potable ? Et les poissons sont-ils propres à la consommation ?

Les institutions gouvernementales du Nord n’étaient pas en mesure de leur fournir des réponses. « Nous n’avions pas suffisamment d’informations sur les ressources en eau, les poissons et d’autres éléments », explique Luis Manzo, directeur des terres pour l’Association des Inuits du Kivalliq (KIA). Pour obtenir ces réponses, ses collègues et lui ont commencé à réunir des partenaires et à obtenir du financement pour un programme de surveillance aquatique visant à évaluer les effets cumulatifs de l’exploitation minière, de la fonte du pergélisol et d’autres changements.

Intégrer la connaissance Inuit

Ce programme comprenait notamment l’initiative One Voice, un projet unique qui s’appuyait à la fois sur l’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ), également appelé « savoir traditionnel inuit », et sur d’autres données scientifiques pour déterminer la qualité de l’eau douce.

Les premiers entretiens avec les aînés locaux ont permis d’identifier les préoccupations de la communauté, les changements du paysage ancrés dans l’histoire orale et les sites les plus importants à surveiller. Pendant que les aînés partageaient leurs connaissances, les scientifiques prélevaient des échantillons afin de mesurer le pHla température, la teneur en métaux et autres paramètres.

Le programme a commencé à Baker Lake et Rankin Inlet, puis s’est étendu à l’ensemble des sept communautés du Kivalliq.

Le prélèvement d’échantillons dans le Nord n’est pas chose facile, selon Matt McDougall, cofondateur de Prairie Scientific, qui dirige les essais du programme sur le terrain.Les bouteilles d’échantillons doivent être soigneusement sécurisées avant de traverser la toundra accidentée en VTT, tandis que les équipes de surveillance doivent être équipées pour survivre plusieurs jours en cas de mauvais temps. La faune sauvage peut également être une source de préoccupation ; les ours polaires et autres grands animaux peuvent constituer une menace si l’on n’y est pas préparé.

Mais avec l’aide du personnel de KIA et des membres de la communauté locale, son équipe a réussi à collecter des données sur plusieurs années.

Partager les données pour orienter les décisions

Les résultats ont révélé que l’eau à tous les sites était propre à boire. Dans certains cas, cependant, les scientifiques ont détecté une charge en nutriments provenant de l’exploitation minière en amont. La présentation de ces données a convaincu la société minière de modifier ses pratiques de gestion de l’eau, ce qui a permis de résoudre le problème.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont M. Manzo, M. McDougall et d’autres partenaires du projet ont partagé leurs conclusions avec les parties prenantes et éclairé les décisions relatives aux permis, à l’exploitation minière et aux politiques générales.

« Le travail que nous accomplissons a un impact », affirme M. McDougall.

Pour avoir un impact encore plus grand, ils ont souhaité rendre leurs conclusions disponibles en ligne. Les conclusions tirées de leurs entretiens IQ ont été publiées sur le site web de la KIA. Mais le développement d’une plateforme permettant de partager les données scientifiques s’est avéré plus compliqué.

« Transformer ce qui était essentiellement un gigantesque tableur en un outil convivial a représenté un défi de taille », explique M. McDougall. C’est alors qu’ils se sont adressés à DataStream. « DataStream disposait d’une excellente configuration », dit-il. « C’était en somme exactement ce que nous recherchions ».

Aujourd’hui, l’équipe One Voice s’affaire à télécharger des données historiques et récentes, toutes dans un format accessible et en libre accès, afin que les chercheurs et les membres de la communauté puissent connaître l’état de l’eau à Kivalliq.

Afficher l’ensembe de donneés: https://doi.org/10.25976/zjzl-nj18 

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