Situées à deux heures au nord de Toronto, les Haliburton Highlands abritent plus de 600 lacs. Cette abondance d’eau douce approvisionne en eau potable les habitants et les visiteurs, offre un habitat aux huards et à plusieurs espèces de truites, et attire chaque année des milliers de pêcheurs, de plaisanciers et de propriétaires de chalets.
Mais ces lacs sont-ils vraiment sains ? Jusqu’à récemment, il était difficile de répondre à cette question.
En l’absence d’un programme régional de surveillance de la qualité de l’eau, les seules données disponibles provenaient d’une poignée de lacs — certains faisant l’objet d’un échantillonnage tous les deux ou trois ans par la province, d’autres chaque année par des associations de protection des lacs dans le cadre du programme « Lake Partner ».
C’est ainsi qu’en 2022, le Centre U-Links pour la recherche communautaire a lancé l’initiative « Testing the Waters » dans le cadre de son programme Woodlands & Waterways EcoWatch (WWEW).

Combler les lacunes et mobiliser des bénévoles
L’initiative Testing the Waters a été conçue en partenariat avec les associations pour la protection des lacs locales et l’université Trent afin de renforcer les initiatives déjà en place. Ce programme fournit le nécessaire aux bénévoles locaux pour qu’ils puissent surveiller les lacs de leur région, conformément aux protocoles mis en place par la province et le programme « Lake Partner ».
Deux ou trois fois par an, si possible au printemps, à l’automne et en hiver, des bénévoles vont sur place pour mesurer la clarté de l’eau, son pH et sa conductivité, et prélever des échantillons destinés à des analyses en laboratoire.
« Ces citoyens scientifiques consacrent bénévolement leur temps et leurs efforts pour nous aider à mener à bien nos prélèvements tout au long de l’année », explique Jack Scott, coordinateur de la qualité de l’eau pour U-Links. Ils mettent également à disposition leurs bateaux, leurs connaissances du lac et leur enthousiasme. « Je trouve formidable de voir à quel point les habitants du comté s’investissent pour préserver la santé de leurs lacs », dit-il.

Rendre les données pertinentes et accessibles
Ce qui a commencé comme un projet pilote impliquant 10 associations de protection des lacs et une poignée de sites d’échantillonnage a rapidement pris de l’ampleur et a suscité le soutien du comté de Haliburton. Aujourd’hui, le projet s’étend à 30 associations couvrant plus de 70 lacs, le comté prenant en charge 60 % des coûts.
Dès le premier jour, le programme WWEW a tenu à ce que cette mine d’or de données soit largement accessible. DataStream répondait parfaitement à ce besoin, en transformant les données en formats intuitifs et visuels. De plus, toutes les données étant partagées dans un format normalisé, les résultats sont plus facilement comparables à ceux des suivis à long terme menés par la province et le programme Lake Partner, qui publient également leurs données sur DataStream.
De plus, WWEW envoie à chaque association de protection des lacs un rapport clair et concis qui met en évidence les tendances et relève les points préoccupants.

Faciliter des décisions éclairées
Grâce à un jeu de données sans cesse croissant, à un nombre accru de bénévoles et à un nouveau financement accordé par le comté de Haliburton, WWEW est désormais en mesure d’aborder des questions très variées.
Les nouveaux programmes d’inspection des fosses septiques ont-ils permis de réduire les niveaux de phosphore dans les lacs ? La baisse du niveau des lacs de la région de Haliburton, visant à maintenir la navigabilité de la voie navigable Trent-Severn, a-t-elle des répercussions sur la santé des lacs ? Quelles sont les incidences des nouvelles menaces telles que les proliférations d’algues nuisibles, les espèces envahissantes et le changement climatique ?
Ces informations aideront les décideurs à élaborer des politiques visant à préserver la santé et la vitalité des plus de 600 lacs de Haliburton — ainsi que le secteur touristique florissant qu’ils soutiennent.
« Si l’on ne sait pas ce qui se passe dans l’eau, si l’on ne la mesure pas, on ne sait pas s’il y a un problème ni comment y remédier », explique Jim Prince, président de WWEW. « De cette manière, toutes ces données sont accessibles à tous. »
Afficher l’ensembe de données: https://doi.org/10.25976/ix8m-2p37